Notre aventure dans le parc Torres del Paine, 6 jours sur le trek W

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Amérique du Sud, Chili, Patagonie

Notre aventure dans le parc Torres del Paine, 6 jours sur le trek W

6 jours de marche sur le trek W pendant lesquels nous avons dû affronter le froid, le vent, la pluie, et même des souris ! Des paysages magnifiques, des lacs, des glaciers, des icebergs, des forêts, … Récit de notre épopée d’aventuriers de l’extrême. En version longue pour les amateurs de lecture …

Jour 1

De la hosteria de Las Torres au campamento Base de Las Torres

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Lever à 6h du matin. Nous nous habillons rapidement, finissons nos sacs à dos, et descendons prendre le petit déjeuner avant de filer prendre notre bus qui part à 7h30 pour Torres del Paine. La gare routière est à environ 800m, mais nous avons prévu large car les trottoirs glissaient tellement la veille, que nous avions mis une demi-heure pour faire le trajet ! Mais heureusement ce matin, le sol est seulement givré.

Nous grimpons dans le bus, avec 7 autres touristes, qui partent aussi pour l’aventure, et prévoient de faire le trek W, 5 en entier, et 2 seulement une portion.

Après quelques minutes de trajet, le bus s’arrête, et le chauffeur nous demande de descendre : on change de bus car il caille trop dans celui-là ! Ahah ! Comme on est en petit comité, on nous fait donc monter dans un mini-bus où l’on tient tout juste à 9 passagers, plus nos 2 conducteurs.

Sur le trajet, on assiste au lever du soleil, qui dévoile petit à petit un paysage grandiose. Il fait beau, et le ciel bleu paraît encourageant pour nos 6 prochains jours de rando. Nous arrivons vers 10h dans le parc national, et nous nous émerveillons des premières vues sur les emblématiques Torres del Paine au loin, les trois pics rocheux monumentaux qui ont donné leur nom à l’ensemble du parc national.

Le conducteur nous dépose à l’entrée du parc, où nous devons nous acquitter de frais d’entrée, que nous avons la chance de payer moitié moins cher en basse saison.

À partir de là, pour rejoindre le début du trek, nous sommes supposés marcher 1h sur une dernière portion de route qui dispose d’une navette en haute saison, mais qui ne circule plus en juin … Certains parviennent à faire du stop pour s’épargner cette portion bonus, auprès des rares personnes qui travaillent dans le parc en cette saison, mais après nous être tous concertés avec les autres touristes, il nous semble opportun de demander au chauffeur de nous conduire jusqu’au bout de la route. Il doit s’assurer de desservir un autre point du parc un peu plus tard, mais il s’avère que nous nous arrêtons tous ici, et l’opportunité de se faire quelques pesos pour quelques kilomètres supplémentaires le convainquent. Il est d’accord en échange de 5000 pesos par personne ! Nous acceptons, mais d’autres ont la bonne idée de négocier à 2000 pesos par personne. A ce prix, nous grimpons tous de nouveau dans le mini-bus jusqu’à l’Hosteria de las Torres, point de départ du trek.

A la sortie du bus, nous récupérons tous nos backpacks bien lourds, et nous préparons à partir, déterminés. Certains ne perdent pas une minute et on les voit déjà s’éloigner, tandis que Jairson sort son appareil photo et découvre avec horreur, désespoir et colère qu’il s’est cassé dans le bus, sous le poids des autres sacs ! Le filtre vissé sur le bout de l’objectif est brisé. Il semble que la lentille même de l’objectif soit dans le même état en dessous. Je vois la détresse dans ses yeux alors qu’il semble n’y avoir aucune solution à ce tragique imprévu, alors que nous nous apprêtons à braver les éléments pour voir des paysages que nous traverserons potentiellement qu’une fois dans notre vie, et dont nous aimerions donc avoir des souvenirs en photo …

Il y a peut être l’espoir que la lentille de l’objectif en dessous soit encore dans un état correct pour faire des photos. Mais encore faut-il parvenir à dévisser le filtre cassé sur le dessus pour libérer l’objectif … Celui-ci fait de la résistance, car il a dû se déformer en se cassant, mais Jairson parvient finalement à l’extraire avec la pince de notre couteau suisse. Et là, miracle, l’objectif est intact en dessous !!! L’appareil photo est toujours en parfait état de marche, seul le filtre, amovible et facultatif, est complètement foutu !

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Le filtre polarisant complètement détruit, grosse frayeur pour l’objectif…

Nous avons perdu 20 bonnes minutes avec cette malencontreuse mésaventure, et n’attendons pas plus longtemps pour nous mettre en route, à la fois soulagés que l’appareil photo soit toujours fonctionnel et intact, et en colère de n’avoir pas pensé à le garder avec nous dans le bus plutôt que dans le coffre avec tous les sacs.

Nous nous mettons donc en route en direction de las Torres, sur les pas des 7 autres touristes qui se rendent au même point avec un peu d’avance. L’objectif est de rejoindre le camping qui se trouve au pied du chemin qui monte jusqu’au point d’observation Mirrador Las Torres, où se trouve le meilleur point de vue sur les pics rocheux.

Le trajet n’est pas trop difficile, malgré quelques bonnes montées. Nous n’avançons toutefois pas sans difficultés, puisque nos sacs nous pèsent bien sur le dos ! On doit tous les 2 avoir au moins 14-15 kg chacun à porter …

Mais on a de la chance, il fait plutôt beau, malgré la température qui tourne autour de 0 à -5 degrés, et les chemins sont tout à fait praticables, bien que givrés dans l’ensemble. Des empreintes de chaussures datant d’on ne sait quand, semblent fossilisées dans la boue complètement pétrifiée par le froid. Les paysages sont magnifiques, et on s’autorise quelques arrêts pour faire des photos.

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Nous préférons ne pas nous arrêter trop souvent ni trop longtemps, pour ne pas nous refroidir ni perdre trop de temps sur notre timing. D’une part en effet, on perd très vite notre chaleur à l’arrêt, en particulier aux mains et aux pieds. Et d’autre part, on n’est pas tout à fait sûr de notre rythme de marche, d’autant plus que nous n’apercevons pas l’ombre des autres marcheurs supposés être devant nous, et nous devons dans tous les cas nous assurer d’arriver avant la nuit, qui tombe en l’occurrence très tôt !

Nous faisons une rapide pause repas devant le refuge Chileno qui est bel et bien fermé à cette époque de l’année, et arrivons finalement une petite heure et demi plus tard au campement Base de Las Torres, où nous retrouvons les autres randonneurs. Les dernières arrivées, deux Américaines, nous devançaient de 15 minutes, et deux autres, deux Espagnols, d’environ 40 minutes. Nous sommes rassurés de voir que nous n’étions pas si mauvais au niveau du rythme, en tout cas par rapport aux autres, qui étaient partis avant nous !

Vers 15h30, nous finissons de planter notre tente, et avons donc encore le temps d’explorer un peu les alentours avant la tombée de la nuit. Les 3 premiers arrivés, un Français, une Suisse, et un Américain, ont continué jusqu’au Mirador Las Torres pour le coucher du soleil, et l’on aurait certainement le temps de faire de même. Mais nous préférons garder ce moment pour le lendemain matin, puisque nous prévoyons d’y aller pour le lever du soleil, quand la lumière les illumine sous leur meilleur jour !

Aussi, nous restons aux alentours du campement, et parvenons à trouver, sans trop nous éloigner, une petite clairière couverte de rochers, donnant un point de vue magnifique sur les Torres, qui se tiennent toutes les trois dans leur forme imposante et monumentale. Impressionnant !

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Après une bonne session photo, nous retournons au campement pour nous préparer une bonne petite soupe chaude avec dedans, des pâtes que nous avions cuites à l’hôtel avant de partir et mises dans un Tupperware.

La nuit tombe et l’atmosphère se rafraîchit un peu plus, et nous ne tardons pas à aller nous coucher, après nous être bien refroidis, à discuter un peu avec les autres marcheurs. Vers 18h, nous nous endormons après cette première journée bien remplie …

Jour 2 

Du campamento Base de Las Torres au refugio de Los Cuernos

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Réveil à 7h après une nuit plutôt correcte. Jairson a eu bien chaud dans son duvet de compétition, mais pour ma part, mes pieds ont eu du mal à se réchauffer de toute la nuit, malgré l’utilisation en combiné de nos deux autres duvets ensemble. Malgré tout, ça va, et nous sommes tous les deux d’attaque pour cette nouvelle journée de rando !

Nous replions toutes nos affaires à l’exception de la tente, dans laquelle nous laissons nos deux gros sacs à dos. Nous les récupérerons en revenant du Mirador Las Torres, puisqu’il s’agit d’un aller-retour qui nous fait revenir par ici.

Nous partons donc léger, sans nos sacs, à 8h dans la pénombre, alors que la lumière du jour pointe à peine. En 45 minutes, nous arrivons au lac qui se trouve au pied des Torres, dans un timing parfait pour le lever du soleil … Les trois pics rocheux surplombent le lac turquoise qui est complètement gelé. Elles s’illuminent petit à petit d’une lumière presque rouge, sous un ciel bleu sans le moindre nuage. Époustouflant ! A la vue de ce paysage, on sait que ça valait vraiment le coup de se lancer dans cette aventure !

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On repart sans nous attarder plus d’une trentaine de minutes pour faire des photos, car c’est une longue marche qui nous attend ensuite pour le reste de la journée.

Retour au campement, on replie la tente, et nous sommes de nouveau les derniers à partir, précédés de nouveau des deux Américaines. Nous devons reprendre le même chemin que la veille pour redescendre la première branche du W que forme le circuit total sur les 73 km. Sur la descente, les rochers peuvent être assez glissants et il faut faire attention.

Nous progressons prudemment quand au bout d’une heure, nous finissons par rattraper les deux Américaines, qui sont arrêtées en plein milieu du chemin. Ca n’a pas l’air d’aller, et nous finissons par comprendre que l’une d’elle est tombée et s’est foulée sérieusement la cheville. Impossible de continuer avec un gros backpack d’une bonne dizaine de kilos sur le dos ! Et comment faire pour se sortir de là, alors qu’il n’y a aucun refuge d’ouvert sur cette portion du trek, et que les premiers secours potentiels se trouvent à près de 3 à 4h de marche ?

Heureusement, nous sommes à moins d’1 km du refuge Chileno, qui peut constituer un bon point d’arrêt même s’il est fermé. A 4, on parvient à trouver une solution qui pourrait leur permettre de s’en sortir toutes les 2, sans trop nous compromettre non plus dans nos plans et dans notre timing. La fille qui n’est pas blessée part devant, dans l’idée de laisser son gros sac au refuge Chileno, avant de filer plus rapidement en direction de la sortie du trek, où elle pourra trouver secours auprès des quelques Rangers qui sont chargés de la maintenance du parc, et qui disposent de chevaux pour se déplacer. De notre côté, nous allégeons la fille blessée de son sac à dos, que nous nous relayons à porter en plus des nôtres, avant de le déposer sur notre route au refuge Chileno. La fille blessée peut marcher tant bien que mal avec ses deux bâtons de rando qui lui servent de béquilles, et elle n’a que 700 m à faire pour atteindre le refuge où elle pourra s’abriter a minima dans les renfoncements extérieurs du chalet fermé …

Nous poursuivons notre route, en espérant que tout ira bien pour les deux filles, et accélérons le pas pour rattraper notre retard et ne pas nous mettre dans une situation dangereuse et délicate à notre tour … Nous devons arriver avant la nuit, et nous avons encore beaucoup de trajet devant nous, d’autant plus que depuis notre départ du campement après le lever du soleil, le temps est particulièrement brumeux, et le restera jusqu’au bout.

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Après avoir longé les eaux bleu turquoise d’un lac magnifique, nous atteignons finalement le campement de Los Cuernos, notre objectif du jour, dans la pénombre, vers 17h30. Nous y retrouvons les deux Espagnols, ainsi que 3-4 autres marcheurs qui font le trek dans l’autre sens et qui croisent ainsi notre chemin sur ce point du parcours. Le Français et la Suisse retournaient à notre point de départ de la veille ce jour là, puisqu’ils n’avaient prévu qu’une portion du W sur 2 jours, et l’autre Américain avait dû tracer plus vite, et atteindre le campement suivant un peu plus loin sur le parcours.

Nous ne tardons pas à nous installer et à nous réfugier au chaud dans notre tente, après une petite purée de pommes de terre en sachet bien chaude, accompagnée d’un œuf dur. Nous repensons aux deux Américaines en espérant qu’elles aient pu se sortir de leur pétrin avant la nuit, et nous nous endormons après cette journée éprouvante, mouvementée, et pleine de brume …

Jour 3

Du refugio de Los Cuernos au campamento Italiano

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Réveil à 7h après une nuit un peu moins froide que la précédente, avec des pieds enfin plus chauds pour moi ! Départ sans tarder après avoir replié nos affaires. Nous poursuivons notre route en direction du campamento Italiano, à environ 2h30-3h de marche.

Il fait toujours brumeux, et nous passons sur des portions de chemins complètement verglacées. On progresse avec prudence, mais ça ne m’empêche pas de faire une belle chute sur les fesses, et de casser l’un de mes bâtons de rando au passage ! Heureusement, ce n’est que matériel, et je ne suis pas blessée. Mes fesses m’ont bien amortie (ahah), et je m’en sors sans avoir mal nullepart.

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Un bâton cassé mais qui a bien amorti une grosse chute.

On arrive au campamento Italiano vers 11h, et y installons rapidement nos affaires et notre tente. Le campement se trouve dans la forêt, et nous sommes toujours entourés de brume. On commence en plus à entendre une sorte de bruit retentissant qui ressemble à de l’orage. Ca nous semble bizarre avec ce temps là malgré tout … L’atmosphère n’est pas lourde comme quand il y a de l’orage, ça doit être autre chose … Finalement, comme la carte du trek nous indique qu’il y a des glaciers pas très loin, on finit par supposer qu’il s’agit peut être de morceaux de glace qui s’écroulent des glaciers depuis les hauteurs … Nous espérons juste que ce ne soit pas dangereux pour nous !

Après une petite pause repas, nous repartons sans nos sacs à dos sur la seconde branche du W qui constitue un second aller-retour, la Valle del Francès. C’est depuis cette vallée que nous pourrons a priori observer les glaciers en hauteur … Mais pour l’instant, la brume nous empêche de voir au loin.

Après un petit quart d’heure sur le chemin, nous hésitons à rebrousser chemin en voyant l’état du sentier, recouvert d’un épais verglas sur plusieurs mètres, sans que nous puissions ni le contourner, ni en voir le bout … Mais en bons aventuriers, nous décidons de poursuivre vaillamment, mais en redoublant de prudence. On trouve finalement notre équilibre sur la glace, et l’on arrive à s’accrocher aux branches des arbres qui bordent le chemin pour nous assurer de ne pas tomber. Finalement, la portion verglacée du chemin se termine, et nous continuons à progresser sur des rochers glissants, avant de retomber sur deux petites portions couvertes de glace.

Nous finissons par passer au dessus du niveau de la brume, et la perspective se dégage d’un seul coup sur une montagne massive noire, couverte de glaciers bleus. Nous sommes ébahis à la vue de ce paysage à couper le souffle ! Nous pouvons constater de plus que les bruits que nous entendions plus tôt provenaient bien des glaciers, puisque l’on aperçoit alors un grand morceau de glace se détacher à grand bruit du haut de la montagne, pour finalement retomber dans un nuage de neige comme une avalanche, un peu plus bas dans la vallée. Impressionnant.

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Nous continuons à longer ce paysage grandiose en prenant encore de la hauteur, jusqu’à arriver à un premier point de vue qui nous permet d’avoir un panorama sur l’ensemble de la montagne, et de la vallée couverte de glace.

Le sentier se poursuit encore sur quelques kilomètres, mais nous ne nous avançons pas beaucoup plus après ce point de vue, car nous manquons de temps pour faire l’aller-retour avant la nuit. Nous redescendons donc en direction du campamento Italiano.

Nous pensions nous retrouver de nouveau dans la brume, mais celle-ci finit par se dissiper, et une fois en bas, nous constatons que la montagne et les glaciers étaient déjà visibles depuis le campement ! Ils étaient juste là quasiment sous nos yeux depuis le début, mais complètement masqués par la brume ! Puisqu’il fait encore jour quand nous sommes de retour au campement, nous profitons des derniers points de vue depuis la rivière, et allons nous réfugier dans notre tente après un dîner chaud de noodles chinoises instantanées …

Jour 4

De campamento Italiano au refugio Paine Grande

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Pendant la nuit, nous sommes réveillés plusieurs fois par le vent, que l’on entend souffler super fort pour la première fois depuis le début de notre aventure. Le vacarme des bourrasques de vent est si fort que l’on croirait presque un train ou une autoroute qui passe à quelques mètres ! Heureusement, nous sommes quand même à l’abri sous les arbres, et l’on ressent à peine le vent dans la tente. Nous recevons seulement à chaque bourrasque, une pluie de petites feuilles sèches qui tombent des arbres, et retombent sur notre tente dans un bruit de petits crépitements.

Vers 5h du matin, je suis réveillée par un bruit de crépitements semblable à celui des feuilles, mais un peu différent. On dirait que c’est vraiment dans la tente … Quand nous nous étions renseignés sur internet sur le trek W, nous avions lu la mésaventure de deux français dont la tente et les réserves de nourriture s’étaient fait grignoter par des souris ! Évidemment, c’est à ça que je pense immédiatement …

Je réveille Jairson en panique, et nous constatons ensemble à l’intérieur de notre tente, deux petits trous assez grands pour qu’une souris passe … J’essaie de ne pas trop paniquer, et de me contrôler dans l’espace clos et confiné de la tente, où se trouve potentiellement une ou plusieurs souris (alors que je suis phobique rappelons-le … Ahah!). Finalement, je sors de la tente, et on prend vingt bonnes minutes pour vérifier toutes nos affaires en détail. Aucune souris dans la tente, et nos stocks de nourriture sont intacts, bien enfermés dans leur housse épaisse. Bizarre … Ce n’était peut être pas des souris après tout ?

Après cet épisode, on tente de se rendormir tant bien que mal jusqu’à 6h30, en essayant de ne pas être trop aux aguets des bruits qui nous entourent …

Au réveil, nous rencontrons les deux seuls autres campeurs qui ont passé la nuit sur le campement avec nous. Ils ont entendu des souris mais n’en ont apparement pas eu dans leur tente. Ils ont pris la précaution d’accrocher leur sac de nourriture à un arbre en hauteur, comme il est conseillé de faire éventuellement. Bonne idée d’avoir suivi ce conseil … sauf que quand ils reviennent avec leur sac de nourriture qu’ils vont chercher de bon pas, eh bien nous constatons que les souris ont malgré tout réussi à dévorer une bonne partie de leurs réserves … C’est simplement rageant ! Leur chocolat y est passé ainsi que pleins d’autres petits trucs grignotés … Nous nous en sortons finalement pas trop mal avec nos deux trous dans la tente …

Nous ne nous laissons pas abattre par les obstacles et nous nous mettons en route pour la journée. Nous avons l’intention d’aller jusqu’au Glacier Grey pour y camper, après une bonne journée de 7 à 8h de marche, mais très vite, on s’aperçoit que l’on va devoir être moins optimiste que prévu. Il pleuviote alors que nous partons, et nous avons droit très vite à de grandes bourrasques de vent qui nous ralentissent et nous déséquilibrent. De plus, la température s’étant un peu réchauffée, les chemins se sont dégelés pour laisser place à une gadoue aussi glissante que la glace, mais salissante en prime !

Aussi, nous luttons contre le vent, et la pluie qui s’intensifie un peu, mais avons le plaisir ce jour de profiter de belles vues sur le paysage avec un temps plutôt dégagé, ou du moins sans brume ! Nous passons par la fameuse forêt qui a été entièrement brûlée sur plusieurs hectares il y a 5 ans par un touriste qui a déclenché l’incendie fatal par inadvertance, en brûlant du papier toilette après une pause dans les buissons. En tout cas, le décor paraît désolé, avec les arbres morts, blancs et noirs, mais l’ensemble est toujours très beau avec la végétation dorée au sol qui a repoussé. De plus, on aperçoit au loin un grand lac turquoise entouré de relief. Très beau !

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Nous nous en rapprochons en luttant contre le vent, et arrivons finalement au refugio Paine Grande qui se trouve juste au bord du lac, et qui s’avère être le seul refuge du circuit ouvert en cette saison. Il est presque midi, et c’est là que nous nous arrêtons pour la journée. Le temps est trop mauvais pour que nous continuions jusqu’au campement Lago Grey.

Nous passerons donc 2 nuits dans ce refuge au lieu d’une seule, que nous avions prévu la nuit suivante, en revenant du Glacier Grey, dont le chemin constitue un aller-retour partant de ce point, et ainsi la dernière branche du W.

Nous passons donc l’après-midi au chaud sous la couette, enfin surtout moi à commencer de rédiger cet article, tandis que Jairson repart un peu en vadrouille autour du lac, pour profiter d’une belle éclaircie pour faire des photos.

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Le soir venu, d’autres randonneurs arrivent, depuis l’autre point d’entrée du trek, par lequel nous comptons repartir le surlendemain, après notre seconde nuit dans le refuge.

Après une douche chaude bien appréciée après 3 jours sans, nous passerons la soirée à discuter avec les autres touristes, et apprendrons avec soulagement que les deux Américaines qui s’étaient trouvées dans une situation délicate après que l’une se soit foulée la cheville deux jours plus tôt, s’en étaient finalement sorties ! Deux français dans le groupe viennent du même hôtel qu’elles, et reconnaissent leur histoire alors que nous la leur racontons à notre tour ! Elles sont bel et bien rentrées saines et sauves. Nous pourrons donc nous endormir l’esprit tranquille avec cette bonne nouvelle, d’autant plus que cette nuit, nous retrouvons des lits bien au chaud !

Jour 5

Aller-retour au Glacier Grey depuis le refugio Paine Grande

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Lever à 6h30, bien au chaud sous la couette … Plus difficile de se lever que quand on est dans la tente ! Plus tentant de rester encore un peu dans la chaleur du lit … Mais non, on se motive, et après nous être habillés, et avalé un bon café et quelques céréales, nous nous mettons en route.

Il est à peine 7h30 alors que nous partons, et il fait encore nuit noire. Nous devons nous éclairer avec nos lampes frontales pendant une bonne heure avant que le soleil ne se lève. Heureusement, les premiers kilomètres sont très faciles, et nous n’avons pas de difficulté à progresser, d’autant plus qu’aujourd’hui, nous avons pu partir légers en laissant la plupart de nos affaires au refuge, comme nous y retournons le soir.

Alors que le jour se lève, nous avons droit à une belle perspective sur un lac, mais la pluie commence à nous arroser un peu. Au bout d’environ 1h30 de marche, on arrive à un premier point d’observation du glacier, qui permet de nous rendre compte de sa taille vraiment massive !

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Mais depuis ce point, il nous reste encore près de 8 km à marcher pour nous en rapprocher au plus près. Nous ne arrêtons donc pas très longtemps, et poursuivons notre chemin, d’autant plus que le vent souffle extrêmement fort à ce moment-là, et que nous ne pouvons de toute façon pas nous attarder plus longtemps sous peine d’être rapidement congelés !

Nous arrivons finalement au campement du glacier, et atteignons le point d’observation le plus proche. Le glacier n’est pas aussi proche qu’on l’aurait souhaité, mais il reste massif et impressionnant, et surplombe un grand lac dans lequel flottent des morceaux de glace gigantesques ! C’est le plus impressionnant finalement, d’autant plus que nous pouvons nous en approcher à seulement quelques mètres ! Le bleu de glace est si intense ! On est ébahi devant la beauté de ce paysage … L’un des plus fous de notre tour du monde !

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On passera une bonne heure à prendre des photos, et à explorer les différents angles de vue possibles, accessibles en escaladant presque les gros rochers se terminant en sorte de presqu’île dans le lac du glacier.

Nous devons entamer toutefois le retour, si nous souhaitons rentrer avant la nuit. Il y a en plus deux gros condors qui commencent à tournoyer au dessus de nos têtes, ce qui nous encourage encore plus à prendre la route !

A quelques pas de là, nous remarquons par ailleurs des traces de pattes de puma toutes fraîches dans la boue … Nous étions informés que l’on peut trouver des pumas dans le parc national, et même si ça doit être incroyable d’en voir, on préférerait autant éviter d’en croiser … Mais heureusement, même si nous verrons d’autres traces de pattes sur notre chemin, nous ne croiserons pas l’ombre d’un puma jusqu’au retour !

Avant d’atteindre le refuge, nous profitons de belles éclaircies sur le chemin, mais sommes pressés d’arriver ! Nous sommes affamés, bien que nous ayons mangé notre petit pique-nique, et le chemin finit par être bien crevant et assez long.

Vers 16h, nous arrivons enfin, et nous empressons de manger un bon repas chaud bien mérité ! D’autres randonneurs arrivent au refuge, et nous passons un petit moment à discuter autour du feu, avant d’aller nous coucher …

Jour 6

De refugio Paine Grande à Sede Administrativa Conaf

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Lever à 6h15. Nous avalons quelques biscuits et un peu de céréales, enfilons notre tenue de rando, et vers 7h15, nous partons pour notre dernière journée de marche.

C’est une portion d’environ 17 km qui nous attend, en dehors du trek W, mais que nous sommes obligés de parcourir car le catamaran qui permet de l’éviter en haute saison en coupant par le lac est fermé depuis plusieurs semaines. De plus, nous devons parcourir cette portion avant 12h30-13h, puisqu’il faut absolument que nous soyons à l’heure pour grimper dans le seul et unique bus de la journée qui repart à Puerto Natales.

Aussi, nous partons dans la nuit noire, éclairés par nos deux lampes frontales. Nous marchons dans la pénombre jusqu’à environ 8h30, et profitons d’un lever de soleil magnifique au dessus d’un superbe lac turquoise, avec un ciel bleu bien dégagé …

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Le chemin grimpe un peu sur le début, mais finit très vite par devenir quasiment plat. Il fait beau, il n’y a pas de vent, et les perspectives sur le paysage sont époustouflantes. On peut progresser assez vite, mais nous avons envie de nous arrêter très souvent pour faire des photos.

Nous nous trouvons dans une grande plaine couverte d’herbe dorée, et de mousse verte et marron, et entourée de collines dorées et grises, derrière lesquelles apparaissent, presque irréelles, des montagnes couvertes d’un épais manteau de neige blanche et pure. C’est simplement incroyable, et magique. On regrette de ne pas avoir plus de temps pour en profiter !

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Sur les 3 derniers kilomètres, on accélère le pas autant que l’on peut, pour finalement arriver au centre touristique Sede Administrativa Conaf à 12h40, presque à bout de souffle ! Nous nous posons pour manger un bout, et à 13h, nous grimpons dans le bus, en route pour Puerto Natales …

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Publié par

Hello, nous c’est Caroline & Jairson ! Tous les deux, on forme une super équipe de choc depuis déjà plus de 7 ans. On s’est lancé le défi de partir faire un tour du monde pendant plusieurs mois. Une véritable aventure pour découvrir des millions de choses sur le monde, mais aussi l’un sur l’autre et sur nous-mêmes … Avec ce blog, vous pouvez suivre notre voyage. Les expériences que l’on vit nous font grandir et nous renforcent : autant les partager avec ceux que ça intéresse !

4 thoughts on “Notre aventure dans le parc Torres del Paine, 6 jours sur le trek W”

    • Caroline & Jairson dit :

      Et ça va, pas trop crevé après cette lecture alors ?? Hihi !! Bisous ´pa !!

      J'aime

  1. Pingback: Info pratiques sur le trek W du parc national Torres del Paine en basse saison en automne, en mai-juin | Beyond our own borders

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